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VI. Histoire

Israël et Palestine : questions débattues

Deux États, mobilisations en Occident, accusations de crimes : positions et données

Trois questions reviennent sans cesse dans le débat public sur Israël et la Palestine, et chacune divise : la solution à deux États est-elle encore possible ou souhaitable ? Où passe, en Occident, la frontière entre le soutien à la cause palestinienne, la critique d’Israël, la complaisance envers des mouvements armés et l’antisémitisme ? Les accusations de crimes internationaux visent-elles les deux parties, ou l’une plus que l’autre ? Cette page les présente l’une après l’autre, en exposant les définitions, les positions de chacun avec leurs arguments, et les données disponibles. Elle complète la page Israël et Palestine depuis 1948 : données.

Position du site Le site ne prend parti sur aucune de ces trois questions. Chaque position est attribuée à ceux qui la soutiennent et rapportée avec ses meilleurs arguments, tels que ses défenseurs les formulent ; les données sont données avec leur source et leur date, y compris lorsque la source est elle-même engagée — ce qui est alors signalé. Les sept voix des mahlokot ne sont pas convoquées. Le lecteur forme son opinion lui-même.

1. La solution à deux États

Définition. On appelle « solution à deux États » un règlement qui établirait, à côté de l’État d’Israël, un État palestinien souverain, en Cisjordanie et à Gaza, sur la base des lignes de 1967 avec des échanges de territoires convenus, chacun reconnaissant l’autre. Son principe remonte au plan de partage de la commission Peel (1937) et à la résolution 181 (1947) ; sa forme actuelle s’est fixée à partir des accords d’Oslo (1993).

Les propositions successives

DatePropositionContenu et issue
1937Commission PeelPartage en un État juif (≈ 20 % du territoire) et un État arabe rattaché à la Transjordanie ; acceptée dans son principe par le Congrès sioniste, rejetée par le Haut Comité arabe
1947Résolution 181Deux États et Jérusalem sous régime international ; acceptée par l’Agence juive, rejetée par le Haut Comité arabe et les États arabes
1967Résolution 242Paix contre territoires ; acceptée par Israël, l’Égypte et la Jordanie, acceptée par l’OLP en 1988
1993-1995Accords d’OsloReconnaissance mutuelle Israël-OLP ; période intérimaire de cinq ans ; statut final (frontières, Jérusalem, réfugiés, implantations, sécurité) renvoyé à des négociations
Juillet 2000 ; décembre 2000 ; janvier 2001Camp David ; paramètres Clinton ; TabaPropositions israéliennes et américaines portant sur environ 94 à 97 % de la Cisjordanie avec échanges ; pas d’accord. Les récits divergent sur les raisons de l’échec
2002Initiative de paix arabeNormalisation des États arabes avec Israël contre le retrait aux lignes de 1967 et une « solution juste » à la question des réfugiés
2003Feuille de route du Quartet ; Initiative de GenèveCalendrier par étapes vers un État palestinien ; modèle détaillé d’accord rédigé par des négociateurs non officiels des deux camps
2008Proposition OlmertProposition orale à Mahmoud Abbas : ≈ 94 % de la Cisjordanie avec échanges, régime international pour le bassin saint de Jérusalem ; pas de réponse formelle
2013-2014Négociations conduites par John KerryInterrompues en avril 2014
28 janvier 2020Plan « Peace to Prosperity »État palestinien sur environ 70 % de la Cisjordanie, Jérusalem capitale indivise d’Israël ; rejeté par l’Autorité palestinienne
28-30 juillet 2025 ; 12 septembre 2025Conférence de New York coprésidée par la France et l’Arabie saoudite ; « Déclaration de New York »Étapes « concrètes et assorties de délais » vers deux États ; condamnation de l’attaque du 7 octobre et des attaques contre les civils à Gaza ; endossée par l’Assemblée générale par 142 voix contre 10 (dont Israël et les États-Unis) et 12 abstentions
Septembre 2025Vague de reconnaissancesRoyaume-Uni, Canada, Australie, Portugal, France et d’autres reconnaissent l’État de Palestine, porté à environ 157 des 193 États membres de l’ONU

Les questions du statut final

QuestionPosition généralement défendue du côté israélienPosition généralement défendue du côté palestinien
FrontièresPas de retour aux lignes de 1967, jugées indéfendables ; maintien des grands blocs d’implantations ; contrôle de la vallée du JourdainLignes de 1967 comme base, échanges limités et égaux en surface et en qualité
JérusalemCapitale unie d’Israël ; souveraineté ou contrôle sur la Vieille Ville et les lieux saints juifsJérusalem-Est capitale de l’État palestinien ; souveraineté sur le Haram al-Charif
RéfugiésPas de retour en Israël, qui mettrait fin à son caractère juif ; retour dans l’État palestinien, indemnisation ; reconnaissance des réfugiés juifs des pays arabesDroit au retour reconnu en principe (résolution 194) ; modalités négociées, avec indemnisation
SécuritéÉtat palestinien démilitarisé ; contrôle israélien de l’espace aérien et des frontières extérieures, au moins pour une périodeSouveraineté pleine ; présence internationale plutôt qu’israélienne
ImplantationsRattachement des blocs à Israël ; sort des implantations isolées à négocierDémantèlement ou passage sous souveraineté palestinienne
ReconnaissanceReconnaissance d’Israël comme État juif ou « État-nation du peuple juif » ; fin des revendicationsReconnaissance d’Israël acquise depuis 1993 ; refus de la formule « État juif », jugée préjudiciable aux citoyens arabes d’Israël et aux réfugiés

Ces positions sont celles qui reviennent le plus souvent dans les négociations et les textes officiels ; elles ne sont pas unanimes dans chaque camp et ont varié selon les gouvernements.

Positions officielles actuelles

ActeurPositionSource
Gouvernement et Knesset d’IsraëlDéclaration du gouvernement rejetant toute reconnaissance unilatérale d’un État palestinien (février 2024) ; résolution de la Knesset s’opposant à la création d’un État palestinien à l’ouest du Jourdain, adoptée par 68 voix contre 9 le 18 juillet 2024 ; votes préliminaires sur l’application de la souveraineté en Cisjordanie (octobre 2025)Knesset ; bureau du Premier ministre
Opposition israélienneDivisée : une partie soutient le principe de deux États ou une « séparation » ; une partie y est opposée depuis le 7 octobre 2023Programmes des partis
Autorité palestinienne et OLPDeux États sur les lignes de 1967, Jérusalem-Est capitale ; engagements de réforme et d’élections pris en 2025 auprès des coprésidents de la conférence de New YorkPrésidence palestinienne
HamasDocument de 2017 : État dans les lignes de 1967 « comme formule de consensus national », sans reconnaissance d’Israël ni renonciation au reste de la PalestineDocument de principes de 2017
États-UnisSoutien de principe de plusieurs administrations ; opposition à la reconnaissance unilatérale et vote contre la Déclaration de New York (2025) ; le plan de 2025 pour Gaza évoque une « voie crédible » vers un État palestinien sous conditionsDépartement d’État ; Maison-Blanche
Union européenne, Ligue arabe, Organisation de la coopération islamiqueSoutien à la solution à deux États sur les lignes de 1967Déclarations officielles
SuisseSoutien à la solution à deux États ; l’État de Palestine n’était pas reconnu par la Suisse à la date de consultationDépartement fédéral des affaires étrangères

Opinion publique

PopulationSoutien à un État palestinien indépendant aux côtés d’IsraëlSource
Israéliens61 % (2012) ; 25 % (2023) ; 27 % (2024) ; 27 %, 63 % opposés (juillet-août 2025)Gallup, enquête publiée en 2025
Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est66 % (2012) ; 26 % (2023) ; 28 % (2024) ; 33 %, 55 % opposés (juin-juillet 2025) ; Gaza non sondée en 2024 et 2025

Les autres modèles discutés

ModèlePrincipeDéfendu notamment par
Un État démocratique ou binationalUn seul État de la mer au Jourdain, à égalité de droits ; binational (deux collectivités reconnues) ou citoyen (« une personne, une voix »)Une partie de la gauche palestinienne et de la diaspora, des intellectuels israéliens et occidentaux (Abunimah, Tilley) ; opposé par la plupart des Israéliens, qui y voient la fin de l’État juif
ConfédérationDeux États souverains avec des institutions communes, liberté de circulation, Jérusalem partagée, possibilité de résidence croiséeMouvement israélo-palestinien « Une terre pour tous »
Gestion du conflit ou « réduction du conflit »Pas de règlement final à court terme ; amélioration des conditions de vie et autonomie palestinienne élargieUne partie du centre-droit israélien (Micah Goodman)
Souveraineté ou annexionApplication de la souveraineté israélienne à tout ou partie de la Cisjordanie, avec autonomie palestinienne ou statut de résident pour la populationPartis de la droite nationaliste israélienne, mouvement pour la souveraineté
Option jordanienneRattachement des zones palestiniennes à la JordanieÉvoquée historiquement en Israël ; rejetée par la Jordanie et l’OLP

Les arguments, tels que leurs défenseurs les formulent

Pour la solution à deux États : elle est la seule qui satisfasse à la fois l’aspiration nationale juive et l’aspiration nationale palestinienne ; elle bénéficie du plus large soutien international et d’un cadre juridique (résolutions 242 et 338) ; elle préserve le caractère à la fois juif et démocratique d’Israël, menacé par la démographie en cas d’État unique ; les paramètres en sont connus depuis 2000.

Contre ou sceptiques : les uns, surtout en Israël, jugent qu’un État palestinien deviendrait une menace sécuritaire, comme Gaza après le retrait de 2005, et que le 7 octobre l’a montré ; d’autres, surtout du côté palestinien ou de ses soutiens, jugent qu’elle est devenue impossible en raison de l’extension des implantations et qu’elle laisserait sans réponse la question des réfugiés et des citoyens arabes d’Israël ; d’autres encore, des deux côtés, contestent le principe même du partage d’une terre qu’ils tiennent pour entièrement la leur.

2. En Occident : soutien à la cause palestinienne, mouvements armés, antisémitisme

Depuis le 7 octobre 2023, les mobilisations en faveur des Palestiniens ont été massives en Europe et en Amérique du Nord, notamment dans les universités au printemps 2024. Elles ont suscité un débat sur leurs limites, qui porte sur la distinction entre cinq choses que leurs adversaires disent souvent confondues et leurs défenseurs souvent amalgamées à tort :

RegistreStatut
Défense des droits des Palestiniens et d’un État palestinienOpinion politique protégée ; position officielle de la plupart des États
Critique de la politique d’un gouvernement israélienOpinion politique protégée ; largement pratiquée en Israël même
Boycott d’Israël (mouvement BDS, lancé en 2005)Licite dans la plupart des pays ; condamné comme antisémite par une résolution du Bundestag (mai 2019) ; lois anti-boycott dans de nombreux États américains ; la Cour européenne des droits de l’homme a jugé en 2020 (Baldassi c. France) que l’appel au boycott relève de la liberté d’expression
Soutien, apologie ou justification d’organisations désignées comme terroristes ou de leurs actesRéprimé pénalement dans plusieurs pays, selon des règles variables
AntisémitismeRéprimé pénalement (en Suisse, art. 261bis du Code pénal) ; sa définition est elle-même débattue

Les définitions de l’antisémitisme en débat

DéfinitionContenuAdoptée ou défendue parCritiquée par
Définition de travail de l’IHRA (2016)Définition générale et onze exemples, dont plusieurs portent sur Israël : nier au peuple juif le droit à l’autodétermination, appliquer à Israël un double standard, comparer sa politique à celle des nazis ; « critiquer Israël comme on critiquerait tout autre pays ne peut être considéré comme antisémite »Plus de 40 États, l’Union européenne, de nombreuses institutions ; en Suisse, le Conseil fédéral l’a reconnue en 2021 comme un outil utile, sans valeur juridique contraignanteCeux qui estiment que ses exemples permettent d’assimiler la critique d’Israël ou l’antisionisme à l’antisémitisme
Déclaration de Jérusalem sur l’antisémitisme (2021)Définition générale et lignes directrices précisant que le boycott, l’antisionisme ou la comparaison avec d’autres situations ne sont pas en soi antisémitesEnviron 350 chercheurs, dont de nombreux spécialistes de l’antisémitisme et de la ShoahCeux qui estiment qu’elle protège des discours antisémites sous couvert d’antisionisme
Document Nexus (2021)Position intermédiaire, centrée sur le contexteChercheurs américainsCritiques des deux côtés

Mesures et données

DateFaitSource
2 novembre 2023Allemagne : interdiction des activités du Hamas et de l’association SamidounMinistère fédéral de l’Intérieur
15 octobre 2024États-Unis et Canada : Samidoun désigné comme organisation terroriste, présenté comme collecteur de fonds du FPLPDépartement du Trésor ; Sécurité publique Canada
Printemps 2024Campements universitaires aux États-Unis, en Europe et en Suisse (Lausanne, Genève, Zurich, Berne, Bâle) ; évacuations, sanctions et débats sur la liberté académiqueUniversités concernées ; presse
Juillet 2025Royaume-Uni : le groupe Palestine Action interdit comme organisation terroriste ; arrestations de manifestants affichant leur soutienHome Office ; police métropolitaine
15 mai 2025Suisse : entrée en vigueur de la loi fédérale interdisant le Hamas et les organisations apparentéesRecueil systématique du droit fédéral
Débat sur les slogans« De la rivière à la mer, la Palestine sera libre » : appel à l’égalité ou à la liberté pour ses défenseurs, appel à la disparition d’Israël pour ses adversaires ; traité comme slogan du Hamas dans certains contextes par l’Allemagne, jugé selon le contexte par d’autres juridictionsDécisions administratives et judiciaires
Juillet 2024Union européenne : 96 % des juifs interrogés disent avoir rencontré de l’antisémitisme dans l’année ; 80 % estiment qu’il a augmentéAgence des droits fondamentaux de l’UE (FRA), enquête de 2023
Octobre 2024Union européenne : 47 % des musulmans interrogés disent avoir subi une discrimination raciale dans les cinq dernières années (39 % en 2016)FRA, Being Muslim in the EU
2025Suisse alémanique, italienne et romanche : 177 incidents antisémites dans l’espace physique (221 en 2024) et 2'185 en ligne (1'596 en 2024)Fédération suisse des communautés israélites et Fondation contre le racisme et l’antisémitisme, rapport 2025
2025Suisse romande : 2'438 incidents antisémites recensés, niveau le plus élevé depuis le début du relevéCICAD, rapport 2025

Les arguments, tels que leurs défenseurs les formulent

Ceux qui dénoncent une complaisance occidentale relèvent que des manifestations ont célébré ou justifié l’attaque du 7 octobre avant toute riposte israélienne, que des slogans et des symboles associés au Hamas ont été repris dans l’espace public, que des étudiants juifs ont été pris à partie sur des campus, que l’antisionisme sert de paravent à l’antisémitisme et que la hausse des actes antisémites depuis 2023 le montre ; ils reprochent à une partie de la gauche, des universités et des médias un double standard envers Israël.

Ceux qui défendent les mobilisations relèvent que l’immense majorité des manifestants se sont mobilisés pour les civils de Gaza et contre la politique du gouvernement israélien, non pour le Hamas ; que de nombreux juifs y ont participé ; que l’accusation d’antisémitisme est utilisée pour faire taire une critique légitime ; que des mesures d’interdiction ont visé des expressions non violentes ; et que l’islamophobie et les discriminations envers les Palestiniens et les Arabes ont, elles aussi, augmenté.

3. Accusations de crimes internationaux : qui accuse qui

Les deux parties sont visées par des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, portées par des juridictions internationales, des organes des Nations unies et des organisations de défense des droits humains. Le volume des accusations et l’attention qu’elles reçoivent ne sont pas égaux, et cette inégalité est elle-même l’objet d’un débat, présenté à la fin de cette section. Aucune des accusations ci-dessous n’a, à la date de consultation, donné lieu à un jugement définitif.

Accusations visant Israël ou des responsables israéliens

DateAuteurAccusation ou décision
29 décembre 2023 ; 26 janvier 2024Cour internationale de justice, Afrique du Sud c. IsraëlRequête pour violation de la Convention sur le génocide ; ordonnance de mesures conservatoires (la Cour juge plausibles certains droits invoqués, sans se prononcer sur le fond) ; procédure au fond en cours
12 juin 2024Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONUCrimes de guerre et crimes contre l’humanité, dont l’extermination, imputés aux forces israéliennes
21 novembre 2024Cour pénale internationaleMandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahou et Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité (famine comme méthode de guerre, meurtre, persécution) ; Israël conteste la compétence de la Cour
5 décembre 2024 ; 19 décembre 2024Amnesty International ; Human Rights WatchGénocide (Amnesty) ; actes de génocide et crime contre l’humanité d’extermination liés à la privation d’eau (HRW)
28 juillet 2025B’Tselem et Médecins pour les droits de l’homme – IsraëlGénocide
16 septembre 2025Commission d’enquête de l’ONUGénocide
Réponse israélienneGouvernement d’IsraëlRejette ces accusations : guerre de légitime défense contre une organisation qui se retranche parmi les civils, mesures prises pour limiter les pertes civiles, chiffres de Gaza produits par une autorité contrôlée par le Hamas, partialité alléguée des organes et ONG concernés

Accusations visant le Hamas, d’autres groupes armés ou l’Autorité palestinienne

DateAuteurAccusation ou décision
4 mars 2024Représentante spéciale de l’ONU chargée de la question des violences sexuelles en conflit« Motifs raisonnables » de croire que des violences sexuelles, dont des viols, ont été commises le 7 octobre 2023 en plusieurs lieux, et que des otages en ont subi
20 mai 2024 ; 21 novembre 2024Cour pénale internationaleLe procureur demande des mandats d’arrêt contre Yahya Sinouar, Mohammed Deif et Ismaïl Haniyeh pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité (extermination, meurtre, prise d’otages, viol, torture) ; mandat émis contre Mohammed Deif ; demandes visant Haniyeh et Sinouar retirées après leur mort
12 juin 2024Commission d’enquête de l’ONUCrimes de guerre imputés à la branche armée du Hamas et à d’autres groupes armés palestiniens le 7 octobre (meurtres délibérés, prises d’otages, atteintes à la dignité)
17 juillet 2024Human Rights WatchCrimes de guerre et crimes contre l’humanité commis le 7 octobre par le Hamas et d’autres groupes
11 décembre 2025Amnesty InternationalCrimes contre l’humanité commis par le Hamas et d’autres groupes le 7 octobre et dans le traitement des otages
Depuis 2018Congrès américain (Taylor Force Act) ; gouvernement israélienCritique des allocations versées par l’Autorité palestinienne aux prisonniers et aux familles des personnes tuées, y compris les auteurs d’attaques ; réforme du système annoncée par l’Autorité en février 2025, dont la mise en œuvre est contestée
Réponse du HamasHamasPrésente l’attaque comme un acte de résistance contre l’occupation et le blocus ; nie avoir visé délibérément des civils et nie les violences sexuelles ; ces dénégations sont contredites par les rapports cités

Le débat sur l’asymétrie

DonnéeChiffreSource
Résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU critiquant un État, 2024Israël : 17 ; reste du monde : 7 (Corée du Nord, Iran, Syrie, Myanmar, États-Unis, Russie deux fois)UN Watch, organisation engagée en faveur d’Israël
Résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU, 2015-2023Israël : 154 ; autres pays : 71UN Watch
Conseil des droits de l’hommePoint 7 de l’ordre du jour, permanent depuis 2007, consacré à la situation « en Palestine et dans les autres territoires arabes occupés » : seul point permanent consacré à une situation particulièreConseil des droits de l’homme
Conseil de sécurité, octobre 2023Aucune résolution condamnant l’attaque du 7 octobre ; un projet américain la condamnant est rejeté par le veto de la Russie et de la Chine (25 octobre 2023)Conseil de sécurité
Vetos américains au Conseil de sécurité sur des projets critiques envers Israël45 au 18 décembre 2023, dont 33 portant sur l’occupation ou le traitement des Palestiniens ; plusieurs autres depuis (2024, 2025)Chicago Council on Global Affairs, d’après Blue Marble ; Conseil de sécurité

Ceux qui dénoncent un double standard relèvent que l’attention des organes de l’ONU, des ONG et des médias à Israël est sans commune mesure avec celle que reçoivent des conflits plus meurtriers (Syrie, Soudan, Yémen) ; que les crimes du Hamas ont été reconnus tardivement et moins médiatisés ; que l’accusation de génocide, portée contre l’État fondé après la Shoah, a une charge particulière ; et que l’IHRA cite le double standard envers Israël parmi les formes possibles d’antisémitisme.

Ceux qui contestent l’existence d’un double standard relèvent qu’Israël est la seule puissance occupante d’un territoire depuis près de soixante ans, ce qui explique une attention juridique continue ; que les résolutions de l’Assemblée générale sont non contraignantes et que les vetos américains ont empêché le Conseil de sécurité d’agir pendant des décennies, produisant au contraire une impunité ; que les accusations contre le Hamas existent et qu’elles visent un acteur non étatique, tandis qu’Israël, État membre de l’ONU et des conventions, est tenu par des obligations conventionnelles ; et que les chiffres des pertes à Gaza sont sans précédent dans l’histoire du conflit.

Bibliographie sélective

Sur la solution à deux États et ses alternatives

  • Waxman, Dov. The Israeli-Palestinian Conflict: What Everyone Needs to Know. New York : Oxford University Press, 2019.
  • Ross, Dennis. The Missing Peace: The Inside Story of the Fight for Middle East Peace. New York : Farrar, Straus and Giroux, 2004.
  • Beilin, Yossi. The Path to Geneva: The Quest for a Permanent Agreement, 1996-2004. New York : RDV Books, 2004.
  • Nusseibeh, Sari. What Is a Palestinian State Worth? Cambridge (Mass.) : Harvard University Press, 2011.
  • Goodman, Micah. Catch-67: The Left, the Right, and the Legacy of the Six-Day War. New Haven : Yale University Press, 2018.
  • Khalidi, Rashid. Brokers of Deceit: How the US Has Undermined Peace in the Middle East. Boston : Beacon Press, 2013.
  • Abrams, Elliott. Tested by Zion: The Bush Administration and the Israeli-Palestinian Conflict. Cambridge : Cambridge University Press, 2013.
  • O’Malley, Padraig. The Two-State Delusion: Israel and Palestine — A Tale of Two Narratives. New York : Viking, 2015.
  • Lustick, Ian S. Paradigm Lost: From Two-State Solution to One-State Reality. Philadelphie : University of Pennsylvania Press, 2019.
  • Abunimah, Ali. One Country: A Bold Proposal to End the Israeli-Palestinian Impasse. New York : Metropolitan Books, 2006.
  • Tilley, Virginia. The One-State Solution. Ann Arbor : University of Michigan Press, 2005.

Sur l’antisémitisme, l’antisionisme et les mobilisations

  • International Holocaust Remembrance Alliance. Définition opérationnelle de l’antisémitisme. Bucarest, 26 mai 2016.
  • The Jerusalem Declaration on Antisemitism. 2021.
  • Marcus, Kenneth L. The Definition of Anti-Semitism. New York : Oxford University Press, 2015.
  • Nelson, Cary. Israel Denial: Anti-Zionism, Anti-Semitism, and the Faculty Campaign against the Jewish State. Bloomington : Indiana University Press, 2019.
  • Lerman, Antony. Whatever Happened to Antisemitism? Redefinition and the Myth of the “Collective Jew”. Londres : Pluto Press, 2022.
  • Barghouti, Omar. Boycott, Divestment, Sanctions: The Global Struggle for Palestinian Rights. Chicago : Haymarket, 2011.
  • Fassin, Didier. Une étrange défaite : sur le consentement à l’écrasement de Gaza. Paris : La Découverte, 2024.
  • Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne. Jewish People’s Experiences and Perceptions of Antisemitism. Vienne, juillet 2024.
  • Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne. Being Muslim in the EU: Experiences of Muslims. Vienne, octobre 2024.
  • Fédération suisse des communautés israélites et Fondation contre le racisme et l’antisémitisme. Rapport sur l’antisémitisme 2025. Zurich, 2026.
  • CICAD. Rapport sur l’antisémitisme en Suisse romande 2025. Genève, 2026.

Rapports et décisions sur les accusations de crimes internationaux

  • Cour internationale de justice. Application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza (Afrique du Sud c. Israël). Ordonnance du 26 janvier 2024.
  • Cour pénale internationale. Communiqué sur la délivrance de mandats d’arrêt, 21 novembre 2024.
  • Nations unies, Conseil des droits de l’homme. Rapport de la Commission d’enquête internationale indépendante sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël, A/HRC/56/26, juin 2024.
  • Nations unies, Bureau de la Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit. Mission Report: Official Visit to Israel and the Occupied West Bank. New York, 4 mars 2024.
  • Human Rights Watch. “I Can’t Erase All the Blood from My Mind”: Palestinian Armed Groups’ October 7 Assault on Israel. New York, juillet 2024.
  • Human Rights Watch. Extermination and Acts of Genocide: Israel Deliberately Depriving Palestinians in Gaza of Water. New York, décembre 2024.
  • Amnesty International. “You Feel Like You Are Subhuman”: Israel’s Genocide against Palestinians in Gaza. Londres, décembre 2024.
  • Amnesty International. Rapport sur les crimes commis par le Hamas et d’autres groupes armés le 7 octobre 2023 et contre les otages. Londres, 11 décembre 2025.
  • B’Tselem. Our Genocide. Jérusalem, juillet 2025.
  • UN Watch. 2024 UNGA Resolutions on Israel vs. Rest of the World. Genève, 2024.

Sources de cette page. Données consultées le 11 octobre 2026 auprès des organismes cités (ONU, CIJ, CPI, Gallup, FRA, SIG/GRA, CICAD, UN Watch, Chicago Council on Global Affairs) et des textes officiels. Les positions sont rapportées d’après les textes de leurs auteurs ; les arguments sont résumés par la rédaction, sous la forme que leur donnent leurs défenseurs, sans évaluation.

Voir aussi

Dernière révision de cette page : .

Comment citer cette page

« Israël et Palestine : questions débattues », Judaica Comparata, révision du 11 octobre 2026, <https://www.etude-judaica.ch/modules/israel-palestine-debats.html>, consulté le 18 octobre 2026.

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